Financement populaire :Quand Thiès repense la souveraineté économique avec « TegTeggi Tekki »

0
Partager ce contenu

Face aux limites des banques traditionnelles, la capitale du Rail s’impose en laboratoire d’idées. Experts, décideurs et citoyens s’y sont réunis pour transformer l’épargne locale et les tontines culturelles en un puissant levier d’industrialisation et d’emploi pour les jeunes. Découvrez comment ce modèle endogène veut révolutionner l’entrepreneuriat sénégalais à travers le modèle « Teg Teggi Tekki » proposé par le juge Yakham Keita.

 Réunis à la Chambre de commerce, experts et décideurs ont exploré le concept novateur « Teg Teggi Tekki ». Porté par le magistrat Mamadou Yakham Keita et soutenu par des économistes et investisseurs, ce modèle de tontine populaire propose de s’appuyer sur l’épargne citoyenne et l’enracinement culturel pour financer l’emploi des jeunes et garantir la souveraineté économique du Sénégal.  En effet, le débat a tourné autour d’une question centrale : « Financement populaire et entrepreneuriat, quelle place pour « Teg Teggi Tekki » dans la mobilisation des ressources internes ? » L’événement a attiré une foule immense, impatiente de découvrir des solutions de rupture adaptées aux réalités sénégalaises. Pour disséquer cette problématique, les organisateurs ont réuni un panel d’intellectuels et d’acteurs de terrain de premier plan. Parmi eux, le magistrat au Pôle Judiciaire Financier et auteur, Mamadou Yakham Keita. Fort de son expérience au tribunal, il a apporté un éclairage juridique et éthique crucial à travers son projet « Teg Teggi Tekki ». »Le prétoire nous a servi de vitrine pour observer notre société », a expliqué le juge Keita, auteur de l’ouvrage Tontine populaire pour l’entrepreneuriat et l’emploi en Afrique Teg Teggi Tekki. « Malgré l’efficacité de la micro finance, de nombreux problèmes d’emploi et de financement des jeunes restent non résolus. C’est pourquoi nous devons explorer d’autres voies, inspirées et enracinées dans nos réalités culturelles, pour bâtir un nouveau système », a dit le magistrat Yakham Keita face à la presse. Une occasion pour le Professeur El Hadj Mounirou Ndiaye, ministre-conseiller et chef du bureau d’évaluation des politiques publiques, de partager la vision stratégique de l’État aux côtés de l’économiste Cheikh Omar Diagne. Selon lui, ce mécanisme basé sur la cotisation citoyenne est une arme de résilience financière massive. « Le juge Keita a fait un travail de réflexion fondamental qui touche directement un sujet de société : le modèle entrepreneurial », a salué le Pr Mounirou Ndiaye. « En tant qu’économiste, je constate qu’un juriste a su formuler des propositions concrètes et parfaitement opérationnelles. La journée a été riche en échanges, et l’idée de transformer ce projet en fondation est déjà sur la table », a-t-il poursuivi. Durant plusieurs heures, les thématiques majeures ont été abordées sans tabou : justice économique, partage équitable des richesses et activation de l’épargne locale face aux rigidités des banques traditionnelles. Pour sa part, l’opérateur économique et investisseur Mayoro Mbaye a apporté son pragmatisme à la rencontre. Séduit par la vision du magistrat, il a décidé d’accompagner concrètement le projet en le connectant au tissu industriel local. « Le juge Keita a posé des bases claires avec des concepts que nous comprenons tous », a souligné Mayoro Mbaye avant de poursuivre: « en entreprise, cela se traduit par l’épargne, l’investissement et la création d’emplois pérennes. Pour passer de la théorie à la pratique, nous pouvons adosser cette épargne citoyenne à des projets concrets, comme la toute nouvelle Citadelle Industrielle de Thiès. Les accords signés récemment à Paris pour fabriquer des équipements au Sénégal prouvent que nous pouvons créer des pôles industriels viables grâce à l’épargne locale et nos partenaires extérieurs », a indiqué l’homme d’affaires face aux journalistes. Le forum de Thiès trace la voie d’une économie endogène en érigeant la solidarité communautaire en moteur de l’emploi et de la souveraineté nationale. En plaçant l’engagement collectif au centre du financement entrepreneurial, la ville s’impose comme un laboratoire de l’autonomie financière au Sénégal.

Aly Saleh

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.