Rentrée scolaire 2026-2027 : le G7 annonce trois jours de grève et dénonce le non-respect des accords par le gouvernement
Face à ce qu’il considère comme des lenteurs et des manquements dans l’application du protocole d’accord signé le 16 avril 2026, le G7 hausse le ton. À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, les syndicats représentatifs du secteur de l’éducation et de la formation annoncent une grève totale de trois jours, les 21, 22 et 23 octobre prochains. Ils estiment que le respect des engagements gouvernementaux demeure la principale condition pour préserver la stabilité de l’année scolaire.
La rentrée scolaire 2026-2027 s’ouvre dans un climat de préoccupations pour le système éducatif sénégalais. Entre les conséquences des fortes pluies enregistrées au début du mois d’octobre, les difficultés liées à la mise en œuvre des accords syndicaux et plusieurs revendications professionnelles en suspens, le G7 affiche son inquiétude quant au bon déroulement de l’année scolaire.
Dans sa déclaration de rentrée, placée sous le thème « Rentrée scolaire 2026-2027, le G7 face au dilatoire du gouvernement », le regroupement syndical dresse un bilan critique de la situation et annonce un plan d’actions d’avertissement destiné à amener les autorités à respecter leurs engagements.
Le G7 revient d’abord sur les inondations qui ont touché certaines écoles à la suite des pluies diluviennes tombées au début du mois d’octobre. Cette situation a perturbé les déplacements, avec des routes coupées et des voies rendues difficilement accessibles par l’accumulation des eaux.
Face à ces difficultés, les syndicats expriment leur solidarité à l’ensemble de la communauté éducative et apportent leur soutien à la décision du ministère de l’Éducation nationale de reporter la rentrée des élèves au lundi 12 octobre 2026.
Le G7 remercie également les forces vives de la nation mobilisées pour les opérations de pompage, de nettoyage et de désherbage des établissements scolaires. Il invite les autorités à poursuivre les interventions nécessaires à la libération des écoles encore occupées par les eaux et appelle la communauté éducative à contribuer à l’assainissement de l’environnement scolaire.
Le regroupement syndical salue par ailleurs la mobilisation des enseignants lors de la rentrée du personnel, le 5 octobre 2026, malgré les intempéries et les difficultés constatées dans plusieurs localités du pays.
C’est toutefois sur le suivi du protocole d’accord signé le 16 avril 2026 que le G7 concentre l’essentiel de ses critiques. Le regroupement syndical déplore ce qu’il considère comme une violation des engagements pris par le gouvernement et estime que le niveau d’application des accords reste insuffisant.
Parmi les principaux points de désaccord figurent la publication de l’étude sur le système de rémunération des agents de la fonction publique, annoncée pour septembre 2026, ainsi que le partage des résultats de l’audit sur les rappels dus aux enseignants, attendu en août dernier.
Le G7 réclame également le paiement des indemnités à la fin des examens et la digitalisation du processus, le parachèvement de la Formation diplômante universelle (FDU) conformément au calendrier prévu, ainsi que l’application des dispositions du décret n° 2026-65 relatif aux décisionnaires à tort.
Les syndicats demandent en outre la prise en compte du relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans et de la revalorisation des pensions des décisionnaires dans les discussions du Comité technique sectoriel. Le paiement des indemnités des classes EFA et la dotation des écoles élémentaires en manuels scolaires en arabe figurent également parmi les revendications soulevées.
Pour le G7, ces retards constituent une source majeure de tension susceptible de compromettre la stabilité de l’année scolaire. Le regroupement syndical appelle ainsi le gouvernement à honorer ses engagements afin d’éviter de nouvelles perturbations dans les établissements.
Au-delà du protocole d’accord, le G7 relève plusieurs difficultés qui affectent les personnels de l’éducation et de la formation.
Il dénonce notamment la résurgence des retards de paiement des salaires des enseignants contractuels, le non-respect du calendrier de la FASTEF concernant le troisième regroupement des stagiaires de la Formation diplômante universelle, ainsi que le retard dans le versement de l’enveloppe financière globale destinée à cette formation.
Le parachèvement de la formation des animateurs polyvalents figure également parmi les dossiers en attente.
Le G7 attire par ailleurs l’attention sur les irrégularités qu’il affirme avoir constatées dans l’octroi des prêts au logement, notamment les prêts DMC. Selon les syndicats, certains bénéficiaires subissent des prélèvements multiples sur leurs salaires alors que les crédits correspondants ne sont pas encore positionnés.
À ces difficultés s’ajoutent les errements relevés dans la préparation des commissions administratives paritaires (CAP) de 2026 et l’absence de règlement définitif de la situation des écoles sénégalaises en Gambie.
Au terme de son diagnostic, le regroupement syndical identifie trois problèmes majeurs : les manquements liés au démarrage de l’année scolaire, le faible niveau d’application des accords du 16 avril 2026 et la lenteur persistante des réformes structurelles dans le secteur de l’éducation et de la formation.
Le G7 rappelle que le gouvernement a la responsabilité d’assurer le bon déroulement des enseignements et des apprentissages, tout en garantissant la stabilité de l’année scolaire 2026-2027.
Pour les syndicats, le respect strict du protocole d’accord constitue la condition essentielle de cette stabilité. Ils estiment que tout manquement supplémentaire aux engagements pris risque de porter atteinte au droit à l’éducation des enfants sénégalais.
Considérant que les autorités tardent à apporter des réponses aux préoccupations soulevées, le G7 décide de passer à l’action. Dans le cadre de son plan d’avertissement, il annonce une grève totale dans tous les établissements scolaires du Sénégal les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026.
À travers ce mouvement, les syndicats entendent exercer une pression sur le gouvernement pour obtenir des avancées concrètes dans l’application des accords et le règlement des revendications en suspens.
Le G7 appelle enfin les enseignants du Sénégal à redoubler de vigilance et à maintenir leur mobilisation pour défendre les intérêts de l’école sénégalaise.
À quelques jours de ce débrayage annoncé, l’application du protocole du 16 avril 2026 apparaît ainsi comme un enjeu central pour la suite de l’année scolaire. La capacité des autorités et des syndicats à trouver des réponses aux revendications formulées sera déterminante pour prévenir une aggravation des tensions dans le système éducatif.
Par Mamadou Touré

