JOJ Dakar 2026 : la jeunesse africaine réclame sa place à la table des décisions pour bâtir une paix durable

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En marge des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, la Ville de Dakar, en partenariat avec le Réseau ouest-africain des défenseurs des droits humains (ROADDH), a organisé, ce mercredi 4 novembre 2026, un symposium international consacré au thème « Sport, Culture et Paix : construire une Afrique de l’Ouest plus inclusive, solidaire et respectueuse des droits humains ». Cette rencontre a réuni des jeunes venus de plusieurs pays africains autour du rôle du sport et de la culture dans la prévention des conflits, le renforcement de la cohésion sociale et la promotion des droits humains. Au cœur des échanges, un appel fort : faire de la jeunesse un véritable acteur des décisions et de la construction de la paix.

La tenue des premiers Jeux olympiques de la jeunesse sur le sol africain constitue une occasion historique que Dakar entend inscrire au-delà des performances sportives. C’est dans cette perspective que la municipalité a initié ce symposium international, conçu comme un espace de dialogue, de partage d’expériences et de formulation de recommandations en faveur d’une Afrique plus pacifique et inclusive.

Des participants venus notamment du Ghana, du Burkina Faso, du Togo, des Comores et d’autres pays de la sous-région, ainsi que des représentants de différentes régions du Sénégal, ont pris part à cette rencontre. Les discussions se sont articulées autour de trois axes majeurs : le sport comme instrument de construction de la paix, la culture comme vecteur de dialogue interculturel et de cohésion sociale, ainsi que les droits humains, la jeunesse et l’inclusion.

À l’ouverture des travaux, les différents intervenants ont souligné la portée symbolique et historique des JOJ Dakar 2026. Pour la Ville de Dakar, cet événement ne doit pas se limiter à une compétition sportive, mais constituer un puissant instrument de rapprochement entre les peuples et les générations.

Dans son allocution, le maire de Dakar, Abass Fall, a insisté sur la nécessité de faire de ces Jeux un héritage humain, social et culturel. Il a présenté le sport comme une véritable école de fraternité, où le dialogue doit l’emporter sur la confrontation et où l’adversaire d’aujourd’hui peut devenir le frère de demain.

Le maire a également mis en avant le lien indissociable entre sport et culture, estimant que les Jeux doivent permettre aux différentes délégations de partager leurs identités et de s’enrichir mutuellement de leurs diversités. Il a, en outre, rappelé que le droit de pratiquer une activité sportive, pour les filles comme pour les garçons, relève d’une exigence d’égalité et de respect des droits humains.

La municipalité entend ainsi dépasser son statut de simple ville hôte pour devenir une véritable actrice de la transformation sociale, en plaçant la jeunesse au cœur de la dynamique des JOJ.

L’une des interventions marquantes de ce symposium est venue du représentant de la jeunesse africaine, qui a porté un plaidoyer ambitieux en faveur d’une participation effective des jeunes aux décisions publiques.

Dans un discours engagé, il a rappelé que le sport et la culture ne sauraient être considérés comme de simples loisirs. « Le sport nous rassemble, la culture nous révèle et la paix nous permet d’exister », a-t-il affirmé, résumant ainsi l’esprit de la rencontre.

Pour lui, le sport constitue un langage universel capable de transcender les frontières, les appartenances religieuses, ethniques et politiques. Quant à la culture, elle représente la mémoire et l’identité des peuples, mais aussi un moyen de résistance pacifique et de rapprochement entre les communautés.

Insistant sur la place de la jeunesse dans la construction de l’avenir africain, il a lancé un message sans équivoque : « Nous ne voulons plus être des décors, nous voulons être des décideurs. »

Dans cette dynamique, il a soumis quatre propositions concrètes aux autorités africaines : consacrer au moins 1 % des budgets des ministères des Sports à des programmes dédiés au sport pour la paix et la cohésion sociale ; intégrer l’éducation à la paix, aux droits humains et à l’égalité de genre dans les programmes scolaires ; faciliter la mobilité des jeunes athlètes et artistes africains à travers le continent ; et garantir une représentation effective des jeunes, notamment des jeunes femmes, dans les instances de décision.

Il a également plaidé pour un investissement accru dans le sport de proximité, particulièrement dans les quartiers et les villages, afin de donner aux jeunes, notamment aux filles, des espaces d’expression, d’épanouissement et d’insertion professionnelle.

Prenant également la parole, le président du comité d’organisation des JOJ au niveau de la Ville de Dakar a salué la confiance accordée à la jeunesse par le maire Abass Fall. Il a souligné que cette responsabilité traduit une volonté politique de permettre aux jeunes de participer directement à la conduite des affaires publiques et à la réussite de cet événement historique.

Il a notamment insisté sur la nécessité de faire des JOJ un accélérateur d’opportunités, un catalyseur de coopération entre les villes et un instrument de rapprochement entre les peuples. Pour lui, croire en la jeunesse ne consiste pas simplement à multiplier les discours ou les programmes, mais surtout à lui ouvrir des espaces de participation et à lui donner les moyens d’agir.

Il a ainsi invité les participants à faire de ce symposium un véritable point de départ pour des initiatives communes, des partenariats durables et de nouvelles formes de coopération entre les organisations de jeunesse et les collectivités territoriales.

En déclarant officiellement ouvert le symposium, le maire Abass Fall a réaffirmé l’ambition de faire de Dakar une capitale de la paix pour la jeunesse du monde. Il a exhorté les jeunes Africains à s’impliquer davantage dans la société civile, les institutions et le champ politique, tout en privilégiant l’intelligence, l’engagement et le dialogue.

Au-delà des infrastructures, des compétitions et des médailles, l’enjeu est désormais de construire un héritage qui résiste au temps : une jeunesse mieux représentée, des sociétés plus inclusives, une solidarité renforcée entre les peuples et un engagement collectif en faveur des droits humains.

À travers ce symposium, la Ville de Dakar entend ainsi donner une dimension supplémentaire aux JOJ 2026. Celle d’un rendez-vous où le sport devient un langage universel, la culture un espace de rencontre et la jeunesse une force de paix et de transformation pour l’Afrique et le monde.

Par Mamadou Touré 

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