Sénégal: pourquoi la majorité parlementaire de Sonko a-t-elle rejeté le projet de Loi de finances rectificative ?
Le groupe parlementaire Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale du Sénégal, a rejeté ce mardi le projet de Loi de Finances Rectificative (LFR) 2026. Son président, Ayib Daffé, invoque des désaccords «portés principalement sur le non-respect du principe de sincérité budgétaire». Selon lui, «une lecture objective et réaliste de la situation d’exécution en fin septembre (2026) conduirait à réduire le niveau de crédit de paiement sur les investissements».
Pour le groupe, les prévisions du gouvernement ne sont pas réalistes au regard du faible taux d’exécution. «Une hypothèse d’absorption maximum majorée à 80% pour 2026 équivaudrait à une réduction d’environ 450 milliards sur les dépenses d’investissement», affirme le député. Conséquence : le Sénégal «gagnerait entre 1,6 et 2 points sur le déficit projeté à 7,6%». Il estime que le déficit réel «doit être beaucoup plus bas entre 5 et 6%», et que «réestimer le déficit c’est réestimer le besoin de financement», donc réduire l’endettement. «On a connu le problème de la dette cachée, on ne peut pas avoir également un problème de budget caché», prévient-il.
Distinction entre «sincérité budgétaire» et «sincérité comptable»
Ayib Daffé distingue «sincérité budgétaire» et «sincérité comptable», reprochant au ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, de faire «l’amalgame». Il se réfère à «l’article 30 de la loi organique relative aux lois de finance» qui exige que «les prévisions de recettes et les prévisions de dépenses doivent être réalistes, doivent être prudentes et doivent être basées sur des informations fiables».
Par ailleurs, il soutient que «les prévisions présentées dans cette LFR ne sont pas réalistes» et demande au gouvernement de «revoir sa copie» et de déposer «une nouvelle LFR qui est conforme, qui est sincère».
Enfin, le groupe pointe la suppression de dépenses prioritaires, citant le grand transfert d’eau inscrit dans la LFI 2026 à 50 milliards FCFA avec «une nouvelle inscription de 8 milliards FCFA» en 2027, ainsi que «35 centres de santé pour 60 milliards en crédit de paiement entièrement supprimés» et la suppression du programme de résorption des abris provisoires avec « 46 écoles élémentaires pour 9,7 milliards F».

