Le FDR dresse un réquisitoire sévère contre le régime PASTEF et appelle à une mobilisation nationale
Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a tenu ce mercredi une conférence de presse au cours de laquelle il a livré une analyse très critique de la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Estimant que le pays traverse une crise « multidimensionnelle », le Front appelle à une large mobilisation des forces vives pour, dit-il, éviter un « délitement dangereux » de la République.
Réunis face à la presse nationale, les responsables du FDR ont profité de la fin d’année 2025 pour dresser un bilan qu’ils jugent largement négatif de l’action du régime PASTEF, près de deux ans après son accession au pouvoir. Selon eux, aucun des engagements majeurs pris par les nouvelles autorités n’a été concrétisé de manière satisfaisante, que ce soit en matière de croissance économique, de respect des libertés publiques, de création d’emplois ou d’amélioration du coût de la vie.
Sur le plan économique, le FDR dénonce une absence de vision claire et une incapacité du gouvernement à restaurer la confiance, notamment après ce qu’il qualifie d’« échec de la fable de la dette cachée ». Le Front regrette également le silence des autorités autour de la note de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) relative au changement de l’année de base des comptes nationaux, un sujet jugé pourtant crucial dans le contexte actuel.
Les retards dans le paiement des bourses des étudiants, les factures impayées aux entreprises du BTP et les difficultés de la campagne arachidière sont cités comme autant de signes de l’asphyxie financière de l’État. Le FDR alerte aussi sur l’aggravation de la dépendance alimentaire du pays, rappelant l’augmentation continue des importations de céréales entre 2023 et 2025.
Le Front se dit particulièrement préoccupé par ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Il évoque des libérations retardées malgré des décisions judiciaires favorables et des restrictions imposées à certaines personnalités critiques du pouvoir.
Par ailleurs, le FDR pointe une crise institutionnelle marquée par des tensions ouvertes entre la Présidence et la Primature, sur fond de rivalités internes autour de la présidentielle de 2029. Une situation qu’il estime préjudiciable à l’image et à la stabilité du Sénégal.
Concernant le coût de la vie, le Front juge les récentes baisses de prix annoncées par le gouvernement « superficielles et propagandistes ». Il réclame une réduction significative des prix de l’énergie et des transports, s’appuyant notamment sur la baisse du prix du baril de pétrole à l’échelle internationale. Le FDR s’indigne également de la persistance d’un train de vie jugé ostentatoire de certains responsables politiques, en décalage avec les difficultés des populations.
Face à ce tableau sombre, le FDR annonce une intensification de ses actions sur le terrain. Une tournée nationale est prévue, ainsi que des rencontres avec les partis d’opposition, les syndicats, le patronat et les autorités religieuses et coutumières. Des commissions dédiées aux jeunes et aux femmes seront mises en place début 2026, tandis que plusieurs meetings sont programmés à Dakar et à Mbacké.
À l’approche des élections municipales et départementales de 2026, le Front entend également appeler les citoyens à s’inscrire massivement sur les listes électorales et à se préparer à exprimer leur choix dans les urnes.
En conclusion, le FDR affirme vouloir œuvrer pour une année 2026 placée sous le signe de la paix, de la justice et du progrès social. Il appelle à la fin des poursuites à caractère politique et à la libération des détenus qu’il qualifie de prisonniers politiques, estimant que ces questions affectent gravement l’image démocratique du Sénégal.
Mamadou Touré

