Budget 2026 : les députés exigent un renforcement urgent du ministère de la Microfinance

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À l’Assemblée nationale, l’examen du budget 2026 du ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a suscité samedi un large consensus : les députés réclament une hausse urgente des ressources allouées à ce département, dont les crédits ont été drastiquement revus à la baisse.

Selon les chiffres présentés en plénière, les crédits de paiement du ministère chutent de 49,34 %, passant de 15,25 milliards F CFA en 2025 à 7,72 milliards F CFA en 2026, soit une réduction de 7,53 milliards F CFA. Une baisse jugée incompréhensible par les parlementaires au regard du rôle stratégique de ce ministère dans l’inclusion financière et la lutte contre la pauvreté.

Mohamed Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, a ouvert les critiques en soulignant « l’importance capitale » de la Microfinance dans l’accompagnement des populations vulnérables. Il a plaidé pour une hausse substantielle du budget afin de permettre au ministère « de prendre en charge les couches sociales laissées en rade par le système capitaliste ».

Dans l’opposition comme dans la majorité, les interventions sont allées dans le même sens. Le député Djimo Souaré (Takku-Wallu) a insisté sur la nécessité d’harmoniser les instruments de financement pour mieux répondre aux attentes des populations. Il a également proposé que des structures telles que la DER/FJ soient rattachées au ministère de la Microfinance « pour mieux jouer leur rôle ».

Plusieurs députés ont mis en avant les besoins pressants exprimés sur le terrain.

À Nioro (Kaolack), « des jeunes et des femmes déjà formées n’attendent que des financements », a rappelé la députée Anta Dieng. Même son de cloche à Médina Yoro Foula, dans le sud du pays, où la parlementaire Diaré Ba a demandé des facilités dans la constitution des dossiers pour la création de coopératives.

Les députées Grâce Faye (Tivaouane) et d’autres intervenants ont insisté sur la nécessité d’équiper les femmes du monde rural en unités de transformation, une mesure jugée vitale pour stimuler la transformation des produits locaux et lutter efficacement contre la pauvreté.

D’autres parlementaires, à l’image de Maguette Sène ou de Samba Dang, ont plaidé pour un financement massif dédié à l’autonomisation économique des femmes. « L’autonomisation pérenne des femmes ne viendra que du micro pour aller vers le macro », a souligné M. Sène.

Le député Babacar Varore a pour sa part appelé à une meilleure stratégie de communication afin d’informer clairement les bénéficiaires sur les dispositifs existants. Le doyen de l’Assemblée, Alla Kane, a enfin recommandé une utilisation plus large des langues nationales pour garantir une inclusion financière réellement accessible à toutes les populations.

Au terme des échanges, un message clair se dégage : le ministère de la Microfinance est considéré par les députés comme un levier essentiel du développement social, et sa baisse de budget apparaît en total décalage avec les attentes du terrain.

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