Nigeria: colère et psychose après une nouvelle série d’enlèvements de masse dans des écoles
La colère s’exprime et la psychose s’installe au Nigeria après une nouvelle série d’enlèvements de masse dans des écoles. Dans l’État d’Oyo, le 15 mai, 39 élèves – dont les plus jeunes n’ont que deux ans – et 7 professeurs ont été enlevés dans l’attaque de trois écoles. Le 9 mai, une cinquantaine d’enfants avaient déjà été capturés dans leurs écoles de l’État du Borno.
Enfin, mercredi 3 juin, 7 étudiants ont été enlevés dans une résidence étudiante de l’État de Zamfara. La psychose est telle qu’une fausse rumeur de kidnapping a semé la panique à Abuja jeudi 4 juin, nécessitant un démenti de la police, alors que la colère monte face à une insécurité hors de contrôle.
1 500 jeunes et personnels enseignants ont été enlevés ces dix dernières années au Nigeria. Les groupes armés qui les ciblent espèrent négocier une rançon en échange de leur libération, même si aucun détail ne filtre jamais sur ces arrangements.
En cette fin de semaine, le commandement de la police d’Abuja a dû démentir une rumeur d’enlèvement dans une école située en périphérie de la capitale fédérale, après une fausse alerte…
Des parents ont récupéré leurs enfants en urgence et certaines écoles ont fermé leurs portes, jeudi 4 juin, dans les quartiers de Kurudu et Nyanya, effrayés par la nouvelle d’un kidnapping dans un établissement scolaire.
Selon la police, une enquête préliminaire a permis de montrer que des étudiants avaient commencé à crier « kidnappers ! » en s’enfuyant en courant de leur école, créant un mouvement de panique dans la communauté.
Après des recherches aux alentours, « aucun suspect n’a été aperçu et aucune victime n’a été identifiée », selon la police.
Le même jour, une manifestation était organisée à Abuja par l’opposant Omoyele Sowore et ses soutiens, une marche pour réclamer la libération rapide des 46 jeunes et de leurs professeurs enlevés dans l’État d’Oyo et dénoncer l’inaction du gouvernement fédéral.

